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Les indices d’une humidité dans une maison


Posté par GuidEnR le 12 juillet 2014


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Les signes d’humidité dans une maison sont polymorphes. Les détecter suppose le recours à trois de nos cinq sens : la vue, l’odorat et le toucher, ces trois sens conjuguant leurs apports pour appréhender une atmosphère plus ou moins malsaine.




Une sensation d’humidité


Les manifestations de l’humidité peuvent être renforcées à certains moments de l’année ou de la journée : que la maison soit réutilisée après de longs mois d’absence, que l’on ait arrêté le chauffage une fois les beaux jours revenus, que le temps soit maussade ou ensoleillé, que les fenêtres soient ouvertes ou fermées… et la perception que l’on aura de l’humidité sera plus ou moins vive. Il ne faut donc pas s’en tenir à une seule visite et à un seul examen des lieux.

Une maison traditionnelle n’est, par ailleurs, jamais homogène : entre les pièces à vivre et les pièces de stockage, on peut rencontrer des situations totalement différentes. Quand on visite une maison pour la première fois, il ne faut pas craindre d’avoir des sensations variables en parcourant les lieux : c’est l’héritage même de la maison qui s’exprime ainsi.

De plus, le diagnostic ne sera pas le même si la maison est habitée ou si elle est totalement vide, cas de figure très pénalisant car on a un sentiment d’abandon qui altère bien souvent le jugement. La sensation d’humidité que l’on perçoit procède alors en partie de paramètres psychologiques…

=> L’ambiance générale
Elle révèle une sensation de confort ou d’absence de confort hygrométrique, ne serait-ce que par l’aspect défraîchi des objets, des tissus ou des peintures, qui peut certes être dû à la vétusté des lieux ou à un manque d’entretien mais aussi être un des effets d’une humidité excessive.

On peut d’ailleurs faire le constat d’une humidité anormale en déplaçant les cadres des tableaux : si, derrière ceux-ci, le revêtement (enduit ou papier peint) a la même allure que le reste de la paroi, c’est que les murs sont gorgés d’humidité.

=> Les sensations au toucher
Passer la main sur un mur, sur une cloison de bois, suffit parfois à déterminer la présence d’humidité, par la sensation de la désagrégation du matériau (non perceptible à l’oeil) ou par celle de froid humide. Il en sera de même pour le pied nu posé sur un plancher ou un carrelage.

Mais seule la permanence de ce constat a une signification, une humidité très provisoire pouvant, pour des causes diverses, se déposer sur une paroi verticale sans que l’on puisse parler de problèmes d’humidité dans la maison.

Il en va tout autrement si l’on constate la présence de gouttelettes perlant en permanence sur les murs !

=> Les odeurs
Notre odorat est facilement alerté lorsque l’on pénètre dans une pièce humide. Il s’agit de l’odeur dégagée par des matériaux en décomposition (papier peint, bois, terre, pierre pulvérulente…) et par la présence de champignons qui en font leur terreau.

Des manifestations observables




=> Les taches sur les murs
Elles se manifesteront à différents endroits des parois et seront d’autant plus faciles à repérer que la pièce sera vide de meubles. Dans tous les cas, il sera utile de déplacer ceux-ci, leur présence pouvant cacher des taches révélatrices.

Après leur repérage, on devra s’attacher à répétitif de ces dernières. Entre une tache isolée apparaissant au droit d’une tuyauterie et celle étendue sur 40 % de la surface d’une paroi, la gravité du problème est radicalement différente : simple fuite mécanique dans le premier cas, imprégnation du mur dans sa structure due à des causes multiples dans l’autre.

Vide de meubles, une maison révèle d’autant plus la présence de l’humidité sur ses murs
Vide de meubles, une maison révèle d’autant plus la présence de l’humidité sur ses murs


=> Le salpêtre
Contrairement à une idée reçue limitant sa présence aux seules caves et bâtiments abandonnés, on peut trouver du salpêtre à l’intérieur de maisons habitées. Il peut être dû à un mauvais renouvellement de l’air de pièces très meublées (comme une chambre par exemple), qui s’imprègnent d’une humidité favorisant son apparition.

En petite quantité, le salpêtre peut être la marque d’une réaction chimique, liée à la nature des matériaux mis en oeuvre et à une circulation aléatoire de l’humidité dans les murs. Sa présence engendre la pulvérulence des pierres ou leur desquamation ainsi que le pourrissement des bois.

=> Les moisissures
Appelées aussi champignons microscopiques, elles font partie d’une variété de micro-organismes qui englobent notamment les champignons et les levures. En présence d’une humidité excessive, ces derniers peuvent croître et se reproduire rapidement en produisant des spores.

Identifiables par la présence de mousses, d’auréoles et d’efflorescences (de couleur bleue, blanche, grise, verte ou encore noire) et par les odeurs d’oeuf, de moisi et de terre, ces moisissures peuvent altérer la santé des habitants, dégradent les revêtements des sols et des murs (papiers peints, peinture), les joints de carrelage et faïence, les tapis, moquettes et tentures, les boiseries et la charpente. Elles favorisent la prolifération d’insectes liés aux excès d’humidité (cafards, blattes…).

Cafards et blattes


Ces insectes nocturnes s’attaquent aux provisions et aux vêtements. Ils transportent des germes de maladies et peuvent contaminer les aliments par leurs excréments et les sécrétions coulant de leurs bouches. Sachez qu’un couple peut donner jusqu’à 100 000 descendants ! Ils vivent environ 6 mois et se nourrissent aussi bien de pâtes que de produits laitiers ou carnés.

Comment les localiser ?
Inspectez les bouches des gaines d’aération et des colonnes de vide-ordures et les endroits chauds et humides où ils se réfugient, derrière les meubles, le réfrigérateur, les plinthes, les boîtiers des interrupteurs, autour des tuyaux et à l’intérieur des placards et des fentes des murs.

Action et prévention
Dès que l’on trouve un cafard dans la maison, il faut immédiatement agir. Le moyen de lutte le plus efficace est encore la propreté. Il est important de bien entretenir la cuisine et les poubelles, de bien ranger les placards, en entreposant les aliments secs dans des bocaux et de ne jamais laisser traîner des restes de nourriture.

Lecture et diagnostic de l’humidité… les grandes règles


La localisation d’un effet d’humidité n’indique pas forcément la localisation du désordre !
Une fois les manifestations de l’humidité repérées dans les différentes pièces de la maison, il convient d’essayer de les mettre en relation les unes avec les autres pour remonter à l’origine d’une cause qui peut être très éloignée (en distance) de ses effets. Si l’on a, par exemple, des moisissures qui marquent un plafond selon un plan linéaire, c’est peut-être que de l’eau goutte le long d’un entrait de la charpente dans les combles, alors que la fuite se situe ailleurs, au niveau de la couverture.

Toute la maison peut ne pas être atteinte : l’humidité peut ne toucher que quelques pièces ou seulement un mur
Par exemple, une maison traditionnelle soumise à des vents d’ouest chargés en embruns peut avoir des enduits altérés sur la façade exposée car les performances données à l’enduit sur cette partie de mur sont insuffisantes par rapport aux contraintes. Mais il ne s’agit pas d’humidité à proprement parler.

La recherche, sur les murs extérieurs, de manifestations de l’humidité doit être faite à différents moments.
Examiner une façade tout de suite après la pluie, ou après un dégât structurel, fausse le diagnostic même si cela donne certaines indications. Il est nécessaire de refaire un examen des lieux 8 ou 15 jours plus tard, par temps sec, pour voir ce qui reste des dégâts repérés au préalable et vérifier l’état général des parois. Il n’est pas anormal qu’un enduit soit très taché ou très mouillé après une averse, mais il est inadmissible qu’il continue à l’être une fois le beau temps revenu.

Enfin, même s’il est préférable d’effectuer l’examen des façades à la bonne saison, il peut être utile d’observer les parois extérieures en plein hiver afin de mesurer l’importance de l’humidité au maximum des contraintes.

Des enduits présentant des taches n’expriment pas obligatoirement des pathologies
Par exemple (notamment dans le cas d’enduits à la terre), on voit souvent apparaître des taches plusieurs années après la mise en oeuvre, car le mélange initial n’était pas tout à fait homogène.